Actualités

Transformer la protection sociale avec le numérique

l’Institut Montaigne veut transformer la protection sociale en s’appuyant sur le numérique
29/03/2018 - L’Institut Montaigne, think tank qui érige des travaux de réflexion autour de sujets tels que la cohésion sociale, la modernisation de l’action publique, la compétitivité et les finances publiques, a engagé un travail sur la protection sociale. Le laboratoire d’idées considère en effet que le modèle « à la française » est en péril et formule des pistes pour le révolutionner en recourant au numérique.

Le système français est-il archaïque ?

Publié le 28 mars, le rapport de l’Institut Montaigne est intitulé « Protection Sociale, une mise à jour vitale ». Décrié comme opaque, coûteux et peu compréhensible par les auteurs, le système mériterait selon eux un « coup de jeune » pour éviter la défiance des citoyens français. Devant la complexité des démarches, nombre d’entre eux ne recourent pas aux prestations auxquelles ils auraient droit. Les méthodes utilisées pour interagir avec les services (courriers, rendez-vous en agence à des horaires peu flexibles,…) ne sont plus en phase avec la société d’aujourd’hui et peuvent s’avérer décourageantes. Tandis que le déficit de la Sécurité Sociale atteint 5,1 milliards d’euros en 2017 et que la tendance est au vieillissement de la population, l’Institut Montaigne formule 10 propositions pour moderniser la protection sociale et ainsi atteindre 4 objectifs : mieux servir, mieux protéger, mieux communiquer et mieux gérer.
 

Les nouvelles technologies au cœur de la transformation

Le rapport décrit l’utilisation des nouvelles technologies comme « une opportunité sans précédent pour réformer en profondeur ». Parmi les cinq risques qu’il prend en considération : maternité/famille, emploi, pauvreté/exclusion sociale, vieillesse/survie, les auteurs constatent néanmoins « une certaine frilosité quant aux dangers potentiels que représenteraient de telles évolutions ». Pourtant, le passage plus systématique au numérique permettrait de passer d’une « solidarité de principe » à une « solidarité réelle » en identifiant les points d’achoppements et en réorientant les dispositifs d’aide vers ceux qui en ont le plus besoin. Rappelons que notre système de protection sociale, qui désigne l’ensemble des mécanismes de prévoyance collective qui permettent de couvrir les principaux risques tels que la santé, la dépendance, la famille… est basé sur la solidarité d’un côté (financement collectif par l’impôt) et l’assurance (cotisations individuelles). Il coûte près de 700 milliards d’euros par an.
 

Démocratiser le recours au numérique

Dans son rapport, l’Institut Montaigne préconise de mettre le numérique au cœur de la protection sociale afin de clarifier le fonctionnement du système et ainsi de susciter l’adhésion des citoyens, d’étendre le principe de solidarité au partage de données pseudonymisées et de se tourner vers la prévention. Parmi les autres propositions, on trouve : améliorer l’expérience utilisateur, s’appuyer sur les nouvelles technologies pour faciliter le calcul et le versement des prestations, mettre en place un grand plan national numérique pour la responsabilisation des acteurs visant à lutter contre la fraude et les abus, mais aussi nommer un Chief Digital Officer (directeur de la transformation numérique) dédié à la protection sociale au sein de l’Etat. Les acteurs de l’assurance se sont eux déjà emparés du sujet, avec des applications mobiles dédiées à la santé ou au suivi de ses prestations. Reste aux pouvoirs publics de suivre le mouvement.