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Encore des retards à combler en matière de santé et de sécurité au travail

23/06/2017 - Depuis 2001, la loi prévoit que toutes les entreprises doivent mettre en place un « document unique », qui identifie, analyse et classe les risques pour la santé et la sécurité du personnel d’une entreprise. Le cabinet de conseil Previsoft a interrogé 300 entreprises de plus de 50 salariés implantées en France sur le sujet. Parmi celles-ci, 84% ont réalisé le document. Un chiffre satisfaisant, mais vécu comme une « contrainte règlementaire » selon l’auteur du baromètre.

Car si le document unique est mis en place pour répondre à la loi, très peu d’actions concrètes sont ensuite proposées aux salariés. Une entreprise sur quatre déclare ainsi ne pas avoir fait suivre le document d’un plan d’action. Plus préoccupant, un quart des employeurs ne forment pas systématiquement leurs intérimaires ou CDD aux règles de sécurité propres à leur activité, ou ne vérifient pas leurs équipements de travail (près de 30%). Et seuls 65% assurent systématiquement des formations pour les postes à risque.

La prise en compte des risques psychosociaux (RPS) est quant à elle très légère, avec moins d’une entreprise sur deux qui déclare avoir réalisé un diagnostic. Les RPS, qui désignent l'ensemble des risques pour la santé mentale, physique et sociale (stress, violences, harcèlements,…), peuvent causer des situations allant jusqu'au burn-out ou au suicide. On estime leur coût annuel entre 2 et 3 milliards d’euros (d’après l’INRS, organisme public de prévention des risques professionnels).

Le secteur de l’industrie fait toutefois des efforts, avec une amélioration des formations et un soin apporté aux machines afin d’en faciliter l’utilisation. Enfin, le diagnostic pénibilité, mis en place en 2015, a été rempli par 82% des entreprises, est relativement un succès.